Logiciels
5 juin 2026

La grande déflation : pourquoi développer de la tech va coûter de moins en moins cher

Les développeurs à bas coût et les outils d’IA rendent plus accessible que jamais la création d’entreprises tech-enabled. Ce que cela implique pour les avantages concurrentiels et les valorisations.

Il y a dix ans, nous avons vu Square débourser plus d’un million de dollars par personne pour racheter les ingénieurs de Yik Yak — non pas pour le produit, ni pour le chiffre d’affaires, mais uniquement pour les talents. C’était l’apogée de l’ère de la « prime de rareté », où les développeurs étaient considérés comme des biens immobiliers de prestige en bord de mer.

Faisons un bond en avant jusqu’en 2025 : plus de 300 000 emplois dans le secteur technologique ont disparu au cours des 18 derniers mois aux États-Unis et en Europe. Les développeurs affluent désormais sur les plateformes de freelance à un rythme qui n’avait plus été observé depuis une décennie. Des outils d’IA tels que GitHub Copilot et Claude réduisent de moitié la charge de travail des développeurs. Et des ingénieurs de talent, issus de pays comme la Roumanie ou le Maroc, travaillent désormais pour une fraction des salaires pratiqués en Europe occidentale — souvent sans que cela n’entraîne de réelle perte de qualité.

Il ne s'agit pas d'une fluctuation temporaire. Nous entrons dans une ère de déflation technologique, où le coût, le temps et la complexité liés au développement de logiciels continueront de diminuer d’année en année. Ce qui coûte aujourd’hui 1 million de dollars à développer pourrait ne coûter que la moitié de ce montant dans 24 mois — et prendre deux fois moins de temps. Il ne s’agit pas seulement d’un accès à une main-d’œuvre moins chère ou à des outils plus performants. Il s’agit d’un changement systémique : l’infrastructure est standardisée, les composants open source abondent et les agents d’IA transforment les développeurs en multiplicateurs de force.

Pour private equity et les entreprises de leur portefeuille, cette évolution a des implications majeures.

Cela signifie que le choix entre « développer ou acheter » n’est plus figé. Développer dès maintenant peut s’avérer rationnel, mais attendre six mois pourrait s’avérer encore plus rentable, selon l’ampleur du projet. Parallèlement, les petits investissements technologiques stratégiques réalisés aujourd’hui peuvent prendre de la valeur s’ils sont correctement intégrés, car ce même capital permet d’acquérir davantage de capacités chaque année. Il s’agit là d’un dilemme stratégique : attendre pour gagner en efficacité, ou agir dès maintenant pour se démarquer.

Mais voici le hic : dans un contexte déflationniste, la contrainte n’est plus le capital. C’est plus que jamais la discipline d’intégration. L’exécution. Les feuilles de route. L’alignement culturel. Il ne s’agit pas de dépenser plus que les autres, mais de mieux intégrer.

« Les entreprises qui s'imposeront en 2026 ne sont pas celles qui connaissent la croissance la plus rapide, mais celles qui se développent de la manière la plus efficace. La « règle des 40 » a été remplacée par la « règle des 50 » chez les meilleurs opérateurs du secteur. »

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